ETUDE FRANCO MONGOLE
Suite aux contacts que nous avions eus avec la Fondation Zorig en Mongolie, nous sommes arrivés à Choybalsan, ville principale de la région de Dornod avec trois mois de supplémentation possible en fer et en vitamine D (sous frome d’huile de foie de morue) pour 50 enfants, ainsi que de l’iode et des protéines.
Dans cette ville de 35000 habitants environ, le dispensaire dont nous avons rencontré l’équipe gère 6697 patients répartis en 1508 familles.
Les deux médecins qui assurent son fonctionnement sont aidés de deux infirmiers et prennent en charge 1237 enfants dont 328 de moins de cinq ans dont l’état de santé est dans près d’un tiers des cas très précaire : quand on sait que la tradition mongole veut qu’un enfant n’ait les cheveux coupés qu’à l’âge de trois ans, car il a alors de fortes chances d vivre , on comprend les problèmes majeurs de santé que constatent ces médecins, qui ne disposent que de traitements pour les moins de trois mois et en cas d’anémie s graves ou de rachitisme avéré !
C’est pourquoi, sur la proposition du Docteur Alma, le médecin responsable du dispensaire, nous avons décidé de prendre en charge justement ces petits de moins de cinq ans, avec une supplémentation de fer et d’huile de foie de morue systématique.
Ainsi 50 d’entre eux, sélectionnés par le docteur Alma, pour des problèmes d’anémie chronique, de rachitisme, d’intolérance au lait avec allergies, de manque d’appétit, de malformations congénitales invalidantes d’un point de vue nutritionnel, de pyélonéphrites et d’otites chroniques bénéficieront de ce traitement, auront un suivi régulier de leur été de santé par l’équipe pendant toute l’année, avec un bilan semestriel transmis en France , et cinquante autres enfants d’état de santé similaire seront suivis en parallèle pendant le même temps en série dite « témoin » sans suppléments nutritionnels afin de mesurer l’impact de ces traitements sur leur état général.
Après avoir examiné en consultation quinze de ces enfants avec l’aide de notre interprète Bagalmaa, nous avons retenus douze symptômes signifiants de surveillance :
A chaque examen, poids et mensuration des enfants seront pris et enregistrés ainsi que les traitements autres éventuellement prescrits.
Les compléments alimentaires seront délivrés soit par les parents, soit par le personnel infirmier au quotidien selon le contexte familial.
Ce protocole clairement enregistré et traduit dans les deux langues mongoles et anglaises nous lie donc pour un an à ces 100 enfants dont nous pourrons suivre l’évolution au cours de cette année et ainsi peut-être mieux cibler encore les interventions à venir, mais il appelle déjà deux autres objectifs d’action :
L’HOPITAL DE CHOYBALSAN
Lors de notre rencontre avec Monsieur Gombat, Directeur de l’hôpital, nous avons appris que cette structure de soins, déjà importante, allait bénéficier de l’aide de l’Union Européenne pour s »équiper de façon plus moderne et opérationnelle pour devenir l’hôpital central de tout le secteur de la Mongolie, soit environ les deux tiers de la France en superficie.
Néanmoins, les fonds débloqués ne semblent pas prévoir de mobilier médical, de matériel de stérilisation ou de soins et encore moins de meubles pour que les malades rangent leurs affaires.
Alain Daver, Président de PHI 49 et membre de notre association, a visité avec nous ces différents services, et est en train d’analyser les besoins exprimés par le personnel soignant pour organiser l’envoi d’un conteneur de matériel médical depuis Angers jusqu’à Choybalsan (coût de l’envoi 3000 euros minimum) courant mars 2006.
Alain Daver et Françoise Lecoq ont pu faire le tour de la pharmacie et réaliser qu’elle avait besoin d’un inventaire en anglais, car bon nombre de médicaments étaient écrits en allemands ou en russe.
Nous avons pu noter que les installations de kinésithérapie, d’acuponcture ou de phytothérapie faisaient partie intégrante de l’hôpital et étaient systématiquement proposés aux patients (même aux enfants).
L’HOPITAL DE MEDECINE TRADITIONNELLE
Nous avons rencontré le responsable d’un des dispensaires de médecine traditionnelle mongole le dimanche et nous avons pu apprendre les différents éléments qui composent cette thérapeutique au carrefour des traditions chinoises, tibétaines et mongoles : massage, moxibustion, acuponcture et même thalassothérapie.
Nous avons convenu d’une possibilité de stage de découverte et de cueillettes des plantes médicinales pendant l’été 2006 avec apprentissage de leur usage dans le contexte plus général de la médecine traditionnelle mongole.
ARTISANAT LOCAL
Toujours grâce à Bagalmaa, nous avons pu visiter une fabrique d’objets en feutre (chaussons, étuis de jeux…) ou encore voir une couturière à domicile fabriquant des vêtements modernes ou traditionnels, ainsi que des sacs ou des coussins.
Nous avons également rencontré des sculpteurs sur bois, tanneurs et autres artisans qui nous ont montré des objets (nous avons rapportés quelques exemplaires pour les vendre au profit de l’association et financer en partie l’envoi du conteneur)
Nous comptons, dans les années à venir, commander à ces personnes davantage d’objets pour leur permettre de mieux vivre de leur savoir-faire et ainsi financer nos projets futurs.
DEVELOPPEMENT TOURISTIQUE
La région de Dornod est particulièrement riche en zones protégées, où se développent, sans interférences humaines, des animaux en voie de disparition (gazelles de Mongolie, grues de Sibérie…) et des plantes spécifiques.
Afin de promouvoir la visite et en permettre la surveillance, l’Etat envisage la création d’un pôle touristique autour du lac de Baguu (lac tempéré dans une zone très fertile voisine de la Chine).
Une route est programmée ( peut être dans dix ans d’après notre interprète) et le responsable du district nous a montré la maquette d’un modèle de centre touristique avec un village de yourtes et un centre d’animation troglodyte tel qu’il aimerait en construire près de Choybalsan.
AUTRES PARTENARIATS
Nous apportons donc un certain savoir –faire d’un point de vue technique. Les mongols nous donnent la chance de découvrir d’autres manières de soigner, d’autres plantes médicinales et d’autres richesses humaines.
Les compléments nutritionnels que nous avons apportés ont permis la demande par le responsable de district d’une création de jardins familiaux et d’une collaboration agricole.